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Acheter une génératrice industrielle - une décision fort complexe

Éric Cloutier
Rédacteur en chef et directeur de la rédaction et des communications
Magazine Gestion & Logistique
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L'achat d'une génératrice industrielle par une entreprise manufacturière équivaut à celui d'un système de chauffage neuf pour la résidence de n'importe quel consommateur. Si, par exemple, l'acquisition d'une fournaise à l'huile ou à l'électricité s'avère à la fois un exercice fort complexe et l'une des transactions les plus importantes qu'un simple citoyen risque d'effectuer au cours de sa vie - après l'achat d'une maison ou d'une voiture - il en va de même lorsqu'un manufacturier doit s'équiper d'un équipement d'appoint pour assurer un apport d'énergie ininterrompu dans son immeuble industriel en cas de panne de courant plus ou moins prolongée.

«S'équiper d'une génératrice industrielle, ce n'est pas simple, parce qu'une série d'éléments doivent être pris en compte par le client au moment de l'achat. L'entreprise manufacturière qui veut se doter d'une génératrice doit d'abord définir ses besoins, c'est-à-dire évaluer la surface de bâtiment qu'elle veut alimenter pour déterminer le type de génératrice qu'elle fera installer», explique André Charpentier, directeur des ventes industrielles chez Génératrice Drummond, une compagnie de Drummondville fondée voilà 40 ans et distributrice exclusive de génératrices de marques Kohler pour le Québec, ainsi que de produits Kubata et Pramac.

Selon M. Charpentier, l'entreprise manufacturière doit ensuite savoir si l'équipement qu'elle installera en est un requis par le Code du bâtiment du Québec, si des normes particulières seront considérées lors de son installation ou si la compagnie d'assurance de l'entreprise lui offre plutôt un rabais dans sa couverture de risques en cas d'acquisition et de mise en place d'un tel équipement.

«L'entreprise doit également déterminer le type d'utilisation qu'elle entend faire de cet équipement. Il y a des génératrices qui servent non seulement pour assurer la poursuite de la production d'une entreprise, mais aussi en tant qu'équipement d'urgence. C'est ce cas, par exemple, dans les hôpitaux, mais aussi dans certains types d'entreprises. Nous avons eu affaire à des compagnies de logistique qui avaient besoin d'une génératrice pour assurer l'alimentation continue en électricité de centres d'appels. Nous en avons aussi installées chez des entreprises de transport qui devaient alimenter continuellement leurs chauffe-moteurs, en période hivernale de pointe, et les systèmes de repérage de leurs camions», poursuit M. Charpentier.

À l'intérieur ou à l'extérieur?

Lorsqu'une entreprise acquiert une génératrice industrielle, elle doit également déterminer si l'emplacement qu'elle lui réserve se trouvera à même son bâtiment ou à l'extérieur, le long de l'immeuble ou sur le toit.

«On retrouve deux types d'installations typiques : la génératrice à l'extérieur et recouverte d'un capot et celle directement dans la chambre mécanique du bâtiment. Depuis la crise du verglas de janvier 1998, le marché a beaucoup changé dans notre industrie. De plus en plus d'entreprises et d'institutions font installer leurs génératrices à l'extérieur de leurs édifices. La génératrice extérieure a l'avantage de posséder plus d'autonomie car son réservoir se trouve à même le capot. À l'intérieur, la génératrice doit être installée dans une pièce «life safety», c'est-à-dire un local séparé du plancher de production et à l'épreuve du feu. À titre d'exemple ces dernières années, nous avons installé deux génératrices de 800 killowatts (kW) dans la chambre mécanique d'un entrepôt réfrigéré et une autre de 400 kW sur le toit de l'immeuble d'une compagnie de transport. Ça démontre que les besoins et les formats de génératrices peuvent varier d'un client à un autre», explique André Charpentier.

Ce dernier soutient qu'il coûte plus cher d'acheter une génératrice installée à l'extérieur qu'à l'intérieur.

«Par contre, l'acheteur sauve beaucoup sur le coût d'installation. Tout ce que le client doit commander, c'est le coulage de la dalle de béton sur laquelle reposeront la génératrice, le réservoir et le capot qui recouvrira le tout. Pour une génératrice intérieure, l'entreprise manufacturière devra minimalement retenir les services d'un consultant et d'un plombier pour les détails entourant l'installation. Pour une génératrice extérieure, une entreprise comme la nôtre l'installe et ça finit là. Cependant, si elle est placée à l'extérieure, le client doit réfléchir avant de décider s'il la fait mettre sur le toit ou le long d'un mur de son bâtiment. Le problème qui peut survenir avec le toit, c'est que celui-ci ne puisse être en état de supporter un équipement aussi lourd», ajoute M. Charpentier.

Une génératrice de 400 kW, par exemple, pèse 15 000 livres. À cela s'ajoute le poids de la dalle de béton. L'entreprise intéressée par l'achat d'un tel équipement doit d'abord s'être assurée que les poutres sur lesquelles repose sa toiture seront en mesure de recevoir cet excédent de poids. Cela veut dire l'embauche d'une firme spécialisée qui effectuera une étude de la structure de l'édifice.

«Pour vous donner un ordre de grandeur, nous vendons des génératrices dont la force varie de 10 kW à 3,2 mégawatts. Une génératrice de 10 kW, avec capot, mesure six pieds de longueur par trois pieds de largeur par quatre pieds de hauteur, tandis qu'une autre de 1000 kW, sans capot, peut atteindre 16 pieds de longueur par cinq pieds de largeur et 7½ pieds de hauteur. Avec l'abri, les dimensions de la génératrice de 1000 kW augmentent à 30 pieds de longueur par 10 pieds de largeur et 11 pieds de hauteur. Le poids de la génératrice est également proportionnel à sa force et à ses dimensions», souligne André Charpentier.

Au diesel ou au gaz naturel?

Autre question qu'une entreprise doit se poser lorsqu'elle achète une génératrice : la veut-elle au diesel ou au gaz naturel?

«Les avantages du gaz naturel, c'est qu'on n'a pas à attendre constamment après de l'essence lorsqu'on veut la faire fonctionner. Il suffit de la connecter à la conduite réseau de gaz naturel. De plus, une génératrice alimentée au gaz naturel fait moins de bruit qu'une autre fonctionnant au diesel. Les émanations de gaz naturel sentent également moins que celles de diesel. Par contre, le désavantage, c'est que si le réseau de gaz naturel ne fonctionne pas à cause d'un bris de conduite ou une autre défectuosité quelconque, il est impossible de faire fonctionner la génératrice tant que le réseau n'est pas remis en état», renchérit M. Charpentier, en précisant que plus un réservoir au diesel est gros, plus la génératrice consomme de l'essence.

«Par contre, une génératrice au diesel nécessite environ une journée à une journée et demie pour être remplie et son utilisation moyenne annuelle sera de 25 à 26 heures par année en temps normal, ce qui veut dire qu'une entreprise manufacturière risque normalement de passer un réservoir de diesel par année. Il faut environ 100 gallons de diesel pour une génératrice de 50 kW et 500 gallons pour une autre de 400 kW», conclut-il.