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Un lien ténu entre solutions informatiques et gestion de stocks et d'achats

Éric Cloutier
Rédacteur en chef et directeur de la rédaction et des communications
Magazine Gestion & Logistique
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«Il existe un lien assez ténu entre solutions informatiques et systèmes de gestion de la production, des stocks en inventaire et des achats». Voilà d'emblée la prémisse qu'établit l'ingénieur Laurent Deirmendjian, conseiller en amélioration de la performance opérationnelle au Groupe Créatech, un chef de file en optimisation de la chaîne d'approvisionnement et en intégration de solutions en technologies de l'information (TI) depuis sa création, en 1993.

M. Deirmendjian souligne que «les systèmes de gestion des inventaires sont regroupés sous la forme d'une solution informatique ou d'un outil développé selon les besoins de ventes ou de production d'une entreprise», peu importe qu'il s'agisse de solutions d'affaires réputées telles que Microsoft, Oracle, SAP ou encore de logiciels d'inventaire développés spécialement pour une entreprise manufacturière quelconque. Il ajoute que «ces besoins sont déterminés pas le niveau d'inventaire de l'entreprise».

La gestion VMI en croissance

Selon Laurent Deirmendjian, un des phénomènes en croissance en matière d'amélioration de performance opérationnelle et d'optimisation de chaînes d'approvisionnement se veut la gestion VMI (Vendor Manage Inventory), qui consiste, pour une entreprise manufacturière, à transférer la gestion de son inventaire à un fournisseur et la responsabilité de réapprovisionner ses stocks au besoin.

«La tendance s'est surtout développée dans des entreprises et des centres de distribution travaillant avec des produits stables et constants, par exemple les quincailleries. On parle d'entreprises dont les produits ne fluctuent pas. Le fournisseur évalue périodiquement les articles par son client et le réapprovisionne seulement au besoin. Il y a réduction du coût de l'inventaire. Ça permet à la fois une gestion à un faible coût et à un fort volume de marchandises, ainsi qu'une stabilité de la demande», explique M. Deirmendjian.

Pour l'entreprise se livrant à la gestion VMI, cette méthode prévoit des ajustements, d'une part entre elle et son fournisseur, d'autre part dans son logiciel d'inventaire ou dans la solution informatique mise en place avec le fournisseur pour gérer le système d'approvisionnement.

«L'inventaire est souvent chez le donneur d'ordres, c'est-à-dire l'entreprise qui mandate le fournisseur pour gérer ses stocks. Habituellement, le fournisseur envoie un rapport mensuel de l'état et la rotation de l'inventaire aux donneurs d'ordres. Le fournisseur doit également respecter des indicateurs de performances, en vertu de clauses de performances négociées dans le contrat conclu avec le donneur d'ordres. Une entreprise peut confier la gestion de son inventaire à un ou plusieurs fournisseurs stratégiques. Ça dépend du seuil de maturité du donneur d'ordres. La durée des contrats avec des fournisseurs peut varier d'une entreprise à une autre. Cependant, un donneur d'ordres demande d'avoir un suivi du bilan financier et des performances de son fournisseur. Une entreprise prévoit généralement des sources alternatives et un plan de contingence, assortis de clauses de pénalités, en cas de faillite d'un fournisseur», souligne M. Deirmendjian.

«En ce qui concerne la gestion informatisée de l'inventaire, peu importe la solution informatique utilisée, le logiciel prévoit généralement des signaux déclencheurs d'ordres de réapprovisionnement au bon moment», ajoute-t-il.

La méthode « Min Max »

Le Groupe Créatech travaille souvent avec la formule «Min Max» pour aider les entreprises sollicitant ses services à s'outiller de bons systèmes de gestion de leurs stocks et de leurs achats.

«C'est une fonctionnalité ajustée en regard des requis de livraison. Des paramètres d'achat de marchandises sont établis dans la solution informatique retenue pour la gestion de l'inventaire. Quand les exemplaires d'un produit en entrepôt atteignent le seuil minimum nécessaire, un signal de réapprovisionnement est activé. Même chose quand le seuil maximum de réapprovisionnement du produit est atteint. Un signal se produit pour éviter que l'entreprise se retrouve avec un surplus d'inventaire et, du même coup, avec une contrainte d'espace pour entreposer sa marchandise», conclut M. Deirmendjian.