Agrégateur de contenus - Articles TFP Agrégateur de contenus - Articles TFP

Return to Full Page

Les nanorisques

Florian Trudel - CRIQ
Écrire à l'auteur

 

Les nanotechnologies sont une innovation radicale qui va transformer plusieurs aspects du monde industriel. Selon NanoQuébec : « en 2015, quelque deux millions de personnes, réparties dans tous les secteurs industriels, travailleront avec les nanotechnologies à travers le monde. La production industrielle nanotechnologique pourrait alors atteindre plus de mille milliards de $ US. La part du Canada sera d'environ 3 à 5 %de ce marché mondial, soit de 30 à 50 milliards $. Du total des retombées au Canada, le Québec peut, pour sa part, espérer en récolter le tiers, soit de 10 à 20 milliards $, tout en ayant créé 20 000 emplois. L'intégration des nanotechnologies aux activités industrielles du Québec et de Montréal représente donc un potentiel bien réel qui pourrait de loin dépasser celui des biotechnologies. »

Le mouvement est déjà en marche, il y aura de plus en plus de produits nanotechnologiques et un nombre grandissant de travailleurs seront exposés aux nanoparticules. Au Québec seulement, environ 200 professeurs-chercheurs actifs dans le domaine et plus de 1 000 étudiants peuvent déjà avoir été exposés à des nanoparticules. Les personnes absorbent les nanoparticules principalement par le système respiratoire, de la même manière que des poussières. Les trois principaux champs d'application des nanotechnologies sont : les nanomatériaux, la nanoélectronique et les nanobiotechnologies. Les nanomatériaux représentent le domaine le plus prometteur en matière de commercialisation à court terme.

Les procédés utilisés sont totalement nouveaux ou consistent en une adaptation de procédés connus. Or une étude dirigée par M. Claude Ostiguy, de l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), conclut qu'on ne sait pas à quels risques sont exposés ces travailleurs. Selon M. Lajoie de l'Association québécoise de l'hygiène, la santé et la sécurité du travail (AQHSST), quant il s'agit de nanoparticules, toutes les règles de base de l'hygiène industrielle pourraient ne pas tenir. Les risques soulevés par l'arrivée des nanotechnologies sont reliés à la production, à l'entreposage (à cause de la réactivité accrue de ces substances) et à l'absence de techniques de recyclage éprouvées. Il importe donc de s'informer sur les risques qui sont associés à l'intégration de ces substances ainsi que les procédés nécessaires à leur fabrication et à leur utilisation.

Aucun pays n'a encore mis en place un cadre réglementaire contraignant les entreprises à se doter de moyens de prévention, puisqu'il n'y a pas de données fiables pour permettre de réglementer les risques actuellement. En attendant l'avancement de la recherche et une réglementation plus complète et mieux adaptée aux spécificités des nanotechnologies, la Commission de l'Éthique de la Science Technologie (CEST) estime que le principe de précaution doit guider les actions à entreprendre, afin de protéger la santé et la sécurité des travailleurs. La publication de guides de bonnes pratiques ou d'ouvrages comme ceux que produit l'IRSST, relativement à l'état des connaissances sur les nanoparticules et aux effets possibles de ces particules sur les travailleurs, s'inscrit au nombre des actions qui peuvent être entreprises pour assurer une gestion responsable des nanotechnologies.

Prévention

Certains grands groupes industriels ont d'ores et déjà pris des mesures, mais c'est la myriade de PME qui se développent avec ce nouveau marché que les démarches de prévention posent le plus de soucis.

Jusqu'à ce que leurs effets soient documentés, l'IRSST recommande d'adopter des mesures de prévention strictes à titre de précaution, afin de limiter l'émission de nanoparticules autant dans l'environnement de travail qu'à l'extérieur. C'est principalement par inhalation que les nano-objets peuvent pénétrer dans l'organisme, mais aussi par les voies digestives, voire cutanées.

La protection respiratoire lors de l'inhalation devrait être efficace, mais cette efficacité reste à démontrer. Cependant, le port de cartouches chimiques à haute efficacité est une bonne précaution. Même maîtriser l'exposition par la ventilation peut s'avérer difficile, affirme l'IRRST, puisque les nanoparticules « ont plus tendance à se comporter comme un gaz que comme un solide ». Il faut aussi privilégier l'utilisation des nano-objets sous la forme de gels ou de liquides, car lorsqu'ils se présentent en poudre, les risques d'exposition sont accrus. Par exemple, un procédé de fabrication de matériaux composites a été développé pour intégrer une nanopoudre. Pour éviter la manipulation de cette poudre, le fournisseur de la matrice du composite (un liquide, du polyester ou un époxy généralement) y ajoute la nanopoudre. Un dispersant doit également être ajouté, afin d'éviter que les nanoparticules s'agglomèrent dans la matrice (ce qui ne serait plus de la nanotechnologie, mais de la « microtechnologie »). Du même coup, le risque associé au transport de la nanopoudre est minimisé.
 

Pour en connaître davantage sur la prévention des risques, les bonnes pratiques de travail, les systèmes et équipements de protection, voici une liste de sources d'information à consulter :

Documents :

Sites Web :