|
L’achat d’une génératrice industrielle par une entreprise
manufacturière équivaut à celui d’un système de chauffage neuf pour
la résidence de n’importe quel consommateur. Si, par exemple,
l’acquisition d’une fournaise à l’huile ou à l’électricité s’avère à
la fois un exercice fort complexe et l’une des transactions les plus
importantes qu’un simple citoyen risque d’effectuer au cours de sa
vie - après l’achat d’une maison ou d’une voiture - il en va de même
lorsqu’un manufacturier doit s’équiper d’un équipement d’appoint
pour assurer un apport d’énergie ininterrompu dans son immeuble
industriel en cas de panne de courant plus ou moins prolongée.
«S’équiper d’une génératrice industrielle, ce n’est pas simple,
parce qu’une série d’éléments doivent être pris en compte par le
client au moment de l’achat. L’entreprise manufacturière qui veut se
doter d’une génératrice doit d’abord définir ses besoins,
c’est-à-dire évaluer la surface de bâtiment qu’elle veut alimenter
pour déterminer le type de génératrice qu’elle fera installer»,
explique André Charpentier, directeur des ventes industrielles chez
Génératrice Drummond, une compagnie de Drummondville fondée voilà 40
ans et distributrice exclusive de génératrices de marques Kohler
pour le Québec, ainsi que de produits Kubata et Pramac.
Selon M. Charpentier, l’entreprise manufacturière doit ensuite
savoir si l’équipement qu’elle installera en est un requis par le
Code du bâtiment du Québec, si des normes particulières seront
considérées lors de son installation ou si la compagnie d’assurance
de l’entreprise lui offre plutôt un rabais dans sa couverture de
risques en cas d’acquisition et de mise en place d’un tel
équipement.
«L’entreprise doit également déterminer le type d’utilisation
qu’elle entend faire de cet équipement. Il y a des génératrices qui
servent non seulement pour assurer la poursuite de la production
d’une entreprise, mais aussi en tant qu’équipement d’urgence. C’est
ce cas, par exemple, dans les hôpitaux, mais aussi dans certains
types d’entreprises. Nous avons eu affaire à des compagnies de
logistique qui avaient besoin d’une génératrice pour assurer
l’alimentation continue en électricité de centres d’appels. Nous en
avons aussi installées chez des entreprises de transport qui
devaient alimenter continuellement leurs chauffe-moteurs, en période
hivernale de pointe, et les systèmes de repérage de leurs camions»,
poursuit M. Charpentier.
À l’intérieur ou à l’extérieur?
Lorsqu’une entreprise acquiert une génératrice industrielle, elle
doit également déterminer si l’emplacement qu’elle lui réserve se
trouvera à même son bâtiment ou à l’extérieur, le long de l’immeuble
ou sur le toit.
«On retrouve deux types d’installations typiques : la génératrice
à l’extérieur et recouverte d’un capot et celle directement dans la
chambre mécanique du bâtiment. Depuis la crise du verglas de janvier
1998, le marché a beaucoup changé dans notre industrie. De plus en
plus d’entreprises et d’institutions font installer leurs
génératrices à l’extérieur de leurs édifices. La génératrice
extérieure a l’avantage de posséder plus d’autonomie car son
réservoir se trouve à même le capot. À l’intérieur, la génératrice
doit être installée dans une pièce «life safety», c’est-à-dire un
local séparé du plancher de production et à l’épreuve du feu. À
titre d’exemple ces dernières années, nous avons installé deux
génératrices de 800 killowatts (kW) dans la chambre mécanique d’un
entrepôt réfrigéré et une autre de 400 kW sur le toit de l’immeuble
d’une compagnie de transport. Ça démontre que les besoins et les
formats de génératrices peuvent varier d’un client à un autre»,
explique André Charpentier.
Ce dernier soutient qu’il coûte plus cher d’acheter une
génératrice installée à l’extérieur qu’à l’intérieur.
«Par contre, l’acheteur sauve beaucoup sur le coût
d’installation. Tout ce que le client doit commander, c’est le
coulage de la dalle de béton sur laquelle reposeront la génératrice,
le réservoir et le capot qui recouvrira le tout. Pour une
génératrice intérieure, l’entreprise manufacturière devra
minimalement retenir les services d’un consultant et d’un plombier
pour les détails entourant l’installation. Pour une génératrice
extérieure, une entreprise comme la nôtre l’installe et ça finit là.
Cependant, si elle est placée à l’extérieure, le client doit
réfléchir avant de décider s’il la fait mettre sur le toit ou le
long d’un mur de son bâtiment. Le problème qui peut survenir avec le
toit, c’est que celui-ci ne puisse être en état de supporter un
équipement aussi lourd», ajoute M. Charpentier.
Une génératrice de 400 kW, par exemple, pèse 15 000 livres. À
cela s’ajoute le poids de la dalle de béton. L’entreprise intéressée
par l’achat d’un tel équipement doit d’abord s’être assurée que les
poutres sur lesquelles repose sa toiture seront en mesure de
recevoir cet excédent de poids. Cela veut dire l’embauche d’une
firme spécialisée qui effectuera une étude de la structure de
l’édifice.
«Pour vous donner un ordre de grandeur, nous vendons des
génératrices dont la force varie de 10 kW à 3,2 mégawatts. Une
génératrice de 10 kW, avec capot, mesure six pieds de longueur par
trois pieds de largeur par quatre pieds de hauteur, tandis qu’une
autre de 1000 kW, sans capot, peut atteindre 16 pieds de longueur
par cinq pieds de largeur et 7½ pieds de hauteur. Avec l’abri, les
dimensions de la génératrice de 1000 kW augmentent à 30 pieds de
longueur par 10 pieds de largeur et 11 pieds de hauteur. Le poids de
la génératrice est également proportionnel à sa force et à ses
dimensions», souligne André Charpentier.
Au diesel ou au gaz naturel?
Autre question qu’une entreprise doit se poser lorsqu’elle achète
une génératrice : la veut-elle au diesel ou au gaz naturel?
«Les avantages du gaz naturel, c’est qu’on n’a pas à attendre
constamment après de l’essence lorsqu’on veut la faire fonctionner.
Il suffit de la connecter à la conduite réseau de gaz naturel. De
plus, une génératrice alimentée au gaz naturel fait moins de bruit
qu’une autre fonctionnant au diesel. Les émanations de gaz naturel
sentent également moins que celles de diesel. Par contre, le
désavantage, c’est que si le réseau de gaz naturel ne fonctionne pas
à cause d’un bris de conduite ou une autre défectuosité quelconque,
il est impossible de faire fonctionner la génératrice tant que le
réseau n’est pas remis en état», renchérit M. Charpentier, en
précisant que plus un réservoir au diesel est gros, plus la
génératrice consomme de l’essence.
«Par contre, une génératrice au diesel nécessite environ une
journée à une journée et demie pour être remplie et son utilisation
moyenne annuelle sera de 25 à 26 heures par année en temps normal,
ce qui veut dire qu’une entreprise manufacturière risque normalement
de passer un réservoir de diesel par année. Il faut environ 100
gallons de diesel pour une génératrice de 50 kW et 500 gallons pour
une autre de 400 kW», conclut-il.
|