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Pour une entreprise de taille moyenne, les produits et services
achetés représentent de 40 à 60 % des dépenses totales. Ce qui
procure à la fonction achat/approvisionnement un levier important à
l'effort global de réduction des coûts d'une entreprise et de facto
à l'amélioration de la profitabilité.
Selon un rapport d'Aberdeen, 1 % d'économie grâce à une
stratégie reliée aux approvisionnements a souvent le même impact que
1.5 à 2.5 % d‘augmentation des ventes.
Les opportunités d'économies à 2 chiffres sont nombreuses et à la
portée de toute entreprise quelque soit sa taille, pour autant
qu'elle se dote d'objectifs ambitieux et fasse le pari d'organiser
efficacement ses achats. Nous verrons dans cet article quelques unes
des approches les plus souvent utilisées qui ont eu un impact
important sur la performance des entreprises.
Et dans votre organisation, quelle est l'apport et la place de la
fonction approvisionnement?
L'effet de levier de l'approvisionnement
Étant donné que les biens et services achetés représentent 40 à
60 % des dépenses il est fréquent de voir dans les entreprises
leaders dans leur domaine, des initiatives de réduction des coûts se
concentrer auprès de la base de fournisseur.
Afin d'illustrer ce concept, prenons l'exemple d'une compagnie qui a
l'ambition de doubler ses profits. Cette compagnie réalise des
ventes de 100 M$. Elle dépense 60% de ses ventes en frais
d'acquisition de biens et services, 10 % en salaires et 25 % en frais
généraux. Son profit est donc de 5 M$.
La question est la suivante : Quelle est l'augmentation ou la
réduction nécessaire dans les ventes, les prix, la main d'œuvre, les
frais généraux ou les achats afin d'augmenter les profits de 5 M$ à
10 M$ ?

On voit bien que seule une augmentation des prix, souvent peu
applicable dans un environnement compétitif ou une réduction des
coûts des biens achetés permet de doubler facilement les profits.
De simples tactiques pour réaliser des gains
La clé de voute de toute tactique d'approvisionnement repose sur
une revue complète des produits achetés. Cette revue permet de
regrouper dans une matrice chaque produit en fonction de 2 critères
(la complexité du marché et l'impact sur l'entreprise) (c.f La
Gestion des approvisionnements stratégiques par Serge Rivollan du
Groupe Créatech, Gestion Logistique).
Les quadrants différencient 4 catégories d'approvisionnement et
autant de stratégies à adopter pour chaque produit s'y trouvant. A
titre d'exemple, on aura tendance à simplifier le processus
d'approvisionnement pour des produits de routine (beaucoup de
produits et de fournisseurs possibles) ou à effet de levier
(produits faciles à se procurer qui représentent un bon volume
d'affaires), et d'entretenir des relations privilégiées avec les
fournisseurs de produits goulots, critiques ou stratégiques.
Cette classification réalisée, les spécialistes de
l'approvisionnement savent très souvent ce qui doit être mis en
place pour diminuer les coûts. En effet, il n'est pas rare de voir
des entreprises atteindre 2 à 5 % d'économies chaque année grâce à
des tactiques de réduction des coûts.
- Demander au minimum une seconde proposition sur tout produit ou
service acheté
- Renégocier vos contrats systématiquement en demandant une
réduction de 5 % à échéance
- Supporter l'amélioration de la productivité chez vos principaux
fournisseurs afin de rendre leur production plus efficiente et donc
plus économiques pour vous
- Rationaliser votre base de fournisseur et profiter d'économies
d'échelle en consolidant vos dépenses sur ceux restants
La tactique de réduction des coûts la plus connu est surement
celle, de consolidation des dépenses. Elle consiste à améliorer sa
position de négociation face à une base réduite de fournisseurs. Le
concept est connu vous en conviendrez mais représentent tout un défi
dans certaines organisations où les responsabilités d'achats ne
peuvent être consolidées sous un même acheteur.
La structure organisationnelle est dans ce cas directement mise en
cause et limite la vue d'ensemble sur la base des fournisseurs. Il
est facile à comprendre alors que des ordres d'achats pour le même
produit provenant de différents acheteurs peuvent mener à une
confusion sur les niveaux des priorités et à des coûts d'acquisition
supérieurs (frais additionnels d'acquisition, de transport, de
manutention etc.).
De plus en plus d'entreprises se penchent sur une catégorie de
dépenses souvent négligés : les « soft spend ». Cette catégorie de
dépenses associée aux produits MRO (maintenance, réparation et
opérations), fournitures de bureaux, et autres équipements et
services est typiquement constitués d'un grand nombre de produits
beaucoup moins stratégiques.
Là encore la consolidation permet d'aller chercher des économies
intéressantes à moindre risque, souvent plus simplement qu'avec des
produits directs (produits qui se retrouvent dans le produit finis).
Selon une étude menée par le groupe Aberdeen auprès de 150
compagnies qui ont adopté des programmes de réduction de dépenses
MRO, le plus gros défi demeure le manque de visibilité dans ces
dépenses indirectes. Il devient alors fondamental d'effectuer une
analyse des dépenses MRO pour bien en connaitre les sources ainsi
que les produits et quantités impliqués. Selon cette étude, seuls
38 % des répondants effectuent une analyse de leurs dépenses et parmi
celles-ci 18 % sont non-planifiées.
Des opportunités de réduction des coûts sont facilement
accessibles et souvent immédiates mais doivent passer par un control
plus serré des dépenses ad-hoc et l'automatisation des transactions
de paiements (seule 16 % de toutes les transactions de paiement MRO
sont effectués électroniquement). Les entreprises sélectionnées dans
cette étude ont réalisé des économies de 19 % dans leurs dépenses MRO.
Vers de grosses économies : Le rôle stratégique de la fonction
approvisionnement
Qu'est-ce qui différencient alors les entreprises qui réalisent
des gains modestes de celles qui atteignent de façon récurrente des
économies significatives de plus de 10 % ?
La réponse : L'implication active de la haute direction dans la
fonction approvisionnement.
Elle seule permet de supporter des initiatives de réductions de
coûts de grande envergure et leur donner un sens corporatif. Cette
implication apporte également tout le support nécessaire provenant
de l'ensemble de l'organisation qui mènera à des économies
substantielles plutôt qu'à des gains marginaux.
Malheureusement, l'importance de la contribution des
approvisionnements à l'organisation demeure encore trop souvent
méconnue aux yeux de certains dirigeants d'entreprises qui ne
perçoivent pas les approvisionnements comme une fonction
stratégique, source de grande valeur.
La fonction approvisionnement demeure souvent au niveau tactique
avec des objectifs peu ambitieux sans pouvoir identifier toutes les
opportunités de gains.
Et pourtant, les tactiques plus avancées de réductions des coûts
requièrent souvent l'intervention de la haute direction pour les
démarrer, les promouvoir et les supporter comme les initiatives
suivantes:
- Fabriquer ou acheter
- Coût total d'acquisition
- S'approvisionner à l'étranger
Fabriquer ou acheter
Le phénomène de l'impartition s'affirme comme une tendance
lourde. Il n'est pas étonnant d'apprendre que les sociétés qui
réussissent le mieux dans le monde doivent une certaine partie de
leur succès à l'impartition. Au Québec, nos entreprises n'hésitent
également plus à impartir la fabrication, la logistique et même
parfois certaines étapes de la conception afin de se concentrer sur
leurs avantages compétitifs.
Toutefois une mise en garde s'impose, l'impartition n'est pas une
recette miracle permettant de réduire les coûts en vitesse et à
moindre effort mais une démarche rigoureuse.
Une fois l'organisation convaincue du bien fondé de la démarche, qui
résulte d‘une analyse des processus « core » et « non core », un
»business case » comparant le modèle d'approvisionnement actuel et
désiré viendra justifier économiquement la décision.
Heureusement, les membres de la haute direction commencent à voir
l'impartition non plus seulement comme un antidote à l'augmentation
des coûts mais comme un catalyseur de changements.
Coût total d'acquisition (TCO - Total Cost of Ownership)
Réduire les coûts unitaires des produits c'est bien, réduire les
coûts totaux d'acquisitions c'est mieux!
Ce concept de réduction des coûts est essentiellement une méthode de
« comptabilisation » de tous les coûts qui sont requis afin
d'acquérir, d'utiliser et de disposer des biens acquis au travers un
réseau de fournisseurs.
Cette approche permet de réduire la tendance qui veut que l'on
fasse affaires avec le fournisseur présentant le coût unitaire le
plus faible et également d'étendre la portée de l'analyse des coûts
afin de maximiser les économies.
Cette analyse est à préconiser si vous vous questionnez par rapport
à des achats en Chine et cherchez à savoir si la Chine est pour
votre entreprise synonyme d'Affaires … ou ne pas faire !
En effet, une fois tous les coûts comptabilisés (transport,
inventaire additionnel, visites en Chine, fluctuations des devises,
dépenses de courtier, douanes, assurance, inspection à la source
etc.), l'écart de coûts basé purement sur le prix unitaire du
produit n'est parfois plus aussi intéressant.
Et pour cause, selon les secteurs d'activité s, les couts logistiques
totaux représentent 5 à 11 % des ventes, le cout de transport
représentant typiquement à lui seul 40 % des couts logistiques et les
frais d'inventaire 20 %.
Ainsi, seule une équipe pluri disciplinaire composée de
logisticiens, spécialistes du transport, des opérations, de
l'inventaire et des finances permettra de faciliter la détermination
du juste équilibre entre tous ces couts.
Approvisionnement à l'étranger
Les entreprises chefs de file dans leurs secteurs accélèrent
leurs stratégies d'approvisionnement globales vers les pays du BRIC
(Brésil, Russie, Inde et Chine). Année par année, la Chine surclasse
toutes les statistiques : plus grand marché du monde (20% de la
population mondiale avec une croissance de 8 à 15 % du PIB par année)
et plus grande usine du monde (avec entres autres la fabrication de
70 % de tous les jouets!)
Le facteur No 1 qui influence l'approvisionnement en Chine, vous
l'aurez deviné, est le salaire horaire moyen, de l'ordre de
0.95$/heure dans les villes et 0.40$/heure dans les campagnes pour
le secteur manufacturier.
Toutefois, chaque opportunité d'achat à l'international doit être
étudiée sur une base individuelle. L'achat à l'international (Asie)
est relativement intéressant pour les produits simples à fort volume
où la demande est stable et prévisible et dont le contenu main
d'œuvre représente une grande partie du cout total.
Cette tactique convient moins bien à des produits stratégiques
avec brevets ou les communications entre le fournisseur et
l'acheteur sont fréquentes, décalage horaire oblige!
C'est pour cette raison que Poulies Maska, fabricants québécois de
Poulies Industrielles achète en Chine depuis quelques années
certaines poulies à moins grandes valeurs ajoutées.
Au Québec toutefois, cet engouement vers la Chine reste encore
timide malgré la valeur élevée du dollar canadien. Selon la
Fondation Asie Pacifique du Canada seule 17 % des entreprises
québécoises ont élaboré une stratégie pour réagir à la compétition
provenant de la Chine.
Un diagnostic d'opportunités et surtout de vulnérabilités
s'impose afin d'identifier les nombreux éléments de risque à
considérer avant de faire le grand saut (méconnaissance des
Incoterms, fluctuations des prix, délais d'approvisionnement plus
longs, plus d'intervenants, culture, etc.)
Amis Approvisionneurs, Affichez-vous rapidement!
Les activités d'approvisionnement sont traditionnellement
associées à la négociation et à l'achat de produits et services en
fonction du coût unitaire uniquement.
La fonction approvisionnement doit se questionner sur sa performance
et son rôle afin de légitimer son importance et la place qu'elle
doit occuper pour s'assurer une contribution maximale dans
l'organisation.
Il est important de comprendre que les pratiques d'achat peuvent
avoir un impact plus important sur la santé et la profitabilité
d'une organisation que toutes autres disciplines. Dès lors, la
fonction approvisionnement doit s'élever au rang de fonction
stratégique et transformer la perception qu'elle donne parfois de
simple équipe d'exécution à celle d'une équipe multifonctionnelle
génératrice de profits.
Quelles sont les économies annuelles que vous générez
annuellement? Est-ce un indicateur qui est mesuré au sein de votre
entreprise, comme dit l'adage, « on ne peut améliorer que ce que
l'on mesure ».
On affiche malheureusement trop rarement la performance du service
des approvisionnements ! Alors, Amis Approvisionneurs, Affichez-vous
rapidement!
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