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Dans leur quête constante d'une meilleure rentabilité, certaines
sociétés ont mis en œuvre divers projets d'amélioration de la
performance logistique. Cependant, une fois ces projets réalisés,
que peut faire une entreprise pour s'améliorer davantage?
Deux solutions se présentent. Elle peut continuer à investir dans
ses ressources internes ou choisir la voie de l'impartition, un
processus qui consiste à se départir d'une ou de plusieurs fonctions
ou opérations jugées non principales pour l'organisation et
d'utiliser une firme externe spécialisée pour les exécuter.
Les origines de l'impartition
Après la deuxième guerre mondiale, de grands donneurs d'ordres
dans l'industrie automobile ont misé sur l'intégration verticale de
leurs opérations. Mais cette diversité des activités, de la
conception à la distribution en passant par la production, a été
remise en question à la suite de la récession des années 80. La
taille et la complexité de ces entreprises devenant alors des
obstacles à la profitabilité, on vit apparaître la réingénierie des
processus qui s'est rapidement traduite en d'importantes réductions
de personnel. Malheureusement, on coupait du personnel sans
réellement revoir le travail effectué.
Dans les années 90, ces mêmes donneurs d'ordres constatèrent
qu'ils ne pouvaient pas tout faire adéquatement et décidèrent de se
concentrer sur ce qu'ils connaissaient le mieux tout en délaissant
les champs qu'ils ne considéraient plus comme fondamentaux.
L'impartition, telle que nous la connaissons, était donc née.
Depuis les 20 dernières années, le phénomène a rapidement pris de
l'ampleur. Sa croissance est impressionnante aux États-Unis et est
de l'ordre de 15 à 20 pourcent par an alors que, en Europe, le
phénomène a atteint son degré de maturité il y a déjà quelques
années.
Comment expliquer ceci?
La globalisation et la complexification des marchés, la pression
sur les coûts, la flexibilité opérationnelle obtenue et la
prolifération des succès attribués à l'impartition amènent de
nombreux gestionnaires à justifier sans cesse la conservation ou non
de certaines fonctions à l'interne. Le mot d'ordre est alors devenu
: chacun son métier!
En effet, créer son propre centre de distribution et l'élever à
un niveau de classe mondiale peut exiger un investissement
important. Aussi, pour certaines entreprises, l'impartition apparaît
comme une option moins onéreuse. Bien entendu, on évitera d'entrer
dans la problématique reliée aux relations de travail que vivent
certaines organisations. Pour certains, la tentation d'impartir peut
être forte!
L'impartition : une démarche rigoureuse
L'impartition n'est pas une recette miracle permettant de réduire
les coûts en vitesse et à moindre effort mais une démarche
rigoureuse.
L'organisation devra suivre une démarche en sept étapes :
- Définir les activités qui seront effectuées à l'interne et celles
qui ne le seront plus
- Mettre en place un processus d'appel d'offres
- Comparer les différentes offres de services
- Sélectionner le prestataire
- Négocier les contrats et les prix
- Gérer la transition des activités
- Maintenir la relation
Une fois l'organisation convaincue du bien fondé de la démarche,
qui résulte d‘une analyse des processus « core » et « non core », un
dossier commercial (« business case ») comparant le modèle
logistique actuel et désiré viendra justifier économiquement la
décision.
Il sera impératif de former une équipe multifonctionnelle
composée de représentants de chaque service (informatique, qualité,
ressources humaines, production, logistique, etc.) ainsi que
d'experts externes. Cela permettra de dresser une cartographie
globale des processus, de bien connaître les opérations logistiques
actuelles ainsi que tous les processus d'affaires connexes qui
pourraient être affectées lors de l'impartition.
De plus, une attention particulière devra être portée à l'aspect
contractuel pour assurer une relation saine et robuste. Le contrat
devra notamment inclure les niveaux de service attendus, les mesures
de performance ainsi que les responsabilités de chacun.
L'impartition n'est pas un effort ponctuel! Une fois en place, il
s'agit de maintenir cette relation.
Les formes d'impartition logistique
Les formes d'impartition logistique sont nombreuses et varient
selon le degré de responsabilité laissé au prestataire et selon le
contrôle que le client est prêt à lui accorder. Les fonctions
logistiques qui font le plus fréquemment l'objet d'une impartition
sont l'entreposage, la gestion d'inventaire, de commandes, du
transport et des douanes, des retours et de la distribution
(fonction critique de par son lien direct avec le niveau de service
au client).
Les solutions offertes, elles, sont abondantes, depuis la simple
location d'espace d'entreposage externe pour pallier à un besoin
ponctuel jusqu'à la location d'un entrepôt avec une équipe dédiée.
En ce qui a trait au service, il peut se limiter à la réalisation
d'une activité à l'intérieur d'un processus complet, comme par
exemple le réapprovisionnement en pièces de remplacement, ou il peut
couvrir la gestion de toute la logistique d'une organisation.
Conclusion
Qu'une organisation soit proche de son apogée ou qu'elle soit
déjà à un niveau de classe mondiale, il serait judicieux pour elle
d'examiner la piste de l'impartition. Les solutions offertes sont
nombreuses et celle qui sera retenue dépendra de l'importance
stratégique de la fonction, de sa complexité ainsi que de la nature
de la relation avec le prestataire.
Le phénomène de l'impartition logistique s'accélère, s'accentue
et s'affirme comme une tendance lourde. Il n'est pas étonnant
d'apprendre que les sociétés qui réussissent le mieux dans le monde,
comme Dell ou Wal-Mart, doivent une certaine partie de leur succès à
l'impartition. Peut-être vivons-nous en ce moment même un point
d'inflexion…
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