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Un système qui moule sous pression de l'aluminium semi-solide ayant
la texture de la crème glacée pourrait « changer la donne » et avoir
d'importantes répercussions sur le secteur canadien de l'aluminium,
l'industrie mondiale de l'automobile et l'environnement. Ce
système, dont le développement a demandé sept années de travail et
12 millions de dollars en investissements, fera sans doute en sorte
que les éléments cruciaux des freins et de la suspension faits
d'aluminium deviennent beaucoup plus courants dans les véhicules bon
marché fabriqués à la chaîne. Depuis quelques années, l'industrie de
l'automobile ne ménage pas ses efforts pour réduire le poids de ses
véhicules, à des fins environnementales. En effet, des véhicules
plus légers consommeront moins d'énergie pour se déplacer, qu'il
s'agisse d'essence, d'électricité ou de carburants plus exotiques.

Bras de suspension d’une automobile fabriqué avec de l’aluminium
semi-solide grâce au système SEED.
Jusqu'à tout récemment, la plupart des pièces de sécurité des
systèmes comme les freins ou la suspension étaient faites de fer ou
d'acier, deux matériaux qui leur confèrent la robustesse souhaitée
et sont faciles à forger. Seules les voitures de haut de gamme
étaient dotées de pièces de freins ou de suspension en aluminium
forgé.
Le système automatisé SEED – pour swirled equilibrium enthalpy
device (dispositif d'équilibrage de l'enthalpie en tourbillon) –
changera tout cela en autorisant le moulage de pièces aussi solides
et d'aussi bonne qualité que celles faites d'aluminium forgé, mais
avec de l'aluminium semi-solide, plus rapidement et à moindre coût.
La technologie SEED recourt à des systèmes de contrôle
sophistiqués et à la robotique pour fabriquer de façon fiable une
boue d'aluminium qui a la consistance de la crème glacée. Cette pâte
est ensuite moulée à une température précise pour donner des formes
complexes. Les pièces moulées avec de l'aluminium semi-solide sont
plus résistantes que celles fabriquées avec le même métal, mais en
fusion, parce que la pâte emplit mieux le moule et se refroidit plus
uniformément, avec moins de contraintes internes. Lorsqu'elle a
contribué au développement du four, l'entreprise de Chicoutimi STAS
a saisi tout le potentiel que recelait l'exploitation sous licence
d'un tel système dans les alumineries du globe.
« Le système SEED est automatisé et sa complexité est grande. Il
intègre beaucoup de modules intelligents », explique Pascale Côté,
directrice de la R-D chez STAS. « La technologie a fondamentalement
été développée pour le secteur de l'automobile, plus
particulièrement les véhicules légers, et il se pourrait qu'elle ait
un impact notable sur les émissions de gaz à effet de serre. »
Une technologie au potentiel incroyable

Assez épaisse pour être tranchée au couteau, la pâte d’aluminium
semi-solide issue du réacteur SEED (four), juste avant son injection
dans un moule.
« La technologie SEED présente un énorme potentiel, car elle
change radicalement la manière de faire les choses », croit Alain
Simard, agent de développement commercial au CTA-CNRC. « On peut
dire qu'il s'agit d'une technologie perturbatrice. Elle donne des
pièces aussi robustes que celles forgées avec de l'acier ou de
l'aluminium, mais à une fraction du coût. »
Pour plus d’information :
http://www.nrc-cnrc.gc.ca/fra/actualites/cnrc/2010/07/01/pieces-automobiles.html
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