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L'usinage consiste à
exploiter des machines-outils telles que : tours (y compris ceux à
commande numérique), visseuses automatiques, aléseuses, polisseuses,
fraiseuses et autres machines servant à travailler le métal, pour
produire des pièces et des équipements, autres que des machines
complètes, destinés à être vendus. L'usinage est réalisé pour la
fabrication sur mesure et la réparation.

Les principales innovations technologiques qu'on retrouve dans le
domaine de l'usinage sont toutes liées aux aspects automatisation,
informatisation et laser (machines à contrôle numérique ou assistées
par ordinateur). Ces technologies se sont développées rapidement au
cours des dernières années et continuent à se perfectionner. Au fur
et à mesure qu'elles se démocratisent, leurs prix baissent de façon
considérable et elles deviennent ainsi beaucoup plus accessibles à
l'ensemble des entreprises du secteur, même aux plus petites.
De plus, on observe
que la technique de l'électroérosion « Electrical Discharge
Machining – EDM » gagne beaucoup en popularité. L'électroérosion est
un processus d'usinage essentiellement utilisé pour la fabrication
de moules ou matrices aux formes diverses et qui consiste à enlever
de la matière par l'action d'une énergie dissipée entre une
électrode, possédant la forme inverse, et la pièce de métal usinée.
On distinguera deux phases principales : « l'ébauche » (ou phase
d'enfonçage) qui se traduit par un enlèvement rapide et important de
la matière et la « finition » où, le travail, plus lent et plus
précis, conduit à l'obtention d'états de surface appropriés. Cette
technique permet donc de remplacer en partie le polissage manuel des
moules, un processus long et difficile.
Il y a aussi les systèmes d'usinage transfert qui sont conçus
pour exécuter diverses opérations sur une même pièce, comme percer,
fraiser, tourner, fileter, aléser, etc., et qui sont dotés d'un
système de serrage spécial. La pièce à usiner est « transférée »
d'une station d'usinage à la suivante. Ce système permet l'usinage
simultané de plusieurs pièces serrées chacune dans leur propre
position, l'une à côté de l'autre, sur une table tournante. De cette
manière, il n'y a pas d'autres temps de production qui sont ajoutés
comme sur un système d'usinage séquentiel. Les avantages d'un tel
système sont une haute productivité (pour une production annuelle de
millions de pièces), une grande précision (positionnement de la
table par indexage ± 0,0025 mm) et une flexibilité élevée
(transformation rapide de la machine).
Technologies de substitution ou complémentaires
La métallurgie des poudres est une technologie qui permet de
fabriquer un produit structural par la compression de poudre
métallique dans une matrice suivie d'une densification à chaud
appelée frittage, d'où l'appellation de pièces frittées. Les deux
principales raisons qui incitent à choisir une pièce frittée au lieu
d'une pièce usinée, forgée ou moulée, résident dans le fait que les
pièces frittées sont fabriquées à partir d'une technique efficace et
peu coûteuse.
Avantages
Elle offre, entre autres avantages, la réduction ou l'élimination
de l'usinage et des pertes de matières premières, de bonnes
finitions de surface et des propriétés d'autolubrification ainsi
qu'une réduction des coûts de fabrication et d'assemblage.
Alliages utilisés
C'est une méthode fiable qui permet de produire, à un coût
relativement bas, des pièces de divers métaux et alliages, de formes
simples ou complexes et de dimensions souvent finales.
Pièces réalisées
Les engrenages, les arbres à cames, les bielles, certaines
composantes des essuie-glaces, des systèmes d'échappement et
diverses pièces mécaniques que l'on retrouve dans différents
équipements en sont des exemples.
Le thixomoulage est un procédé innovant de moulage à l'état
semi-solide qui consiste à couler sous pression un alliage à une
température à laquelle coexistent les phases solides et liquides.
Cette technique, dont le principe est connu depuis plus de 20 ans,
se développe rapidement, depuis quelques années, et a actuellement
atteint le stade de procédé industriel reconnu, pour certaines
pièces de grande série, en alliage d'aluminium ou de magnésium.
Avantages
- Permet d'obtenir directement des pièces aux cotes, sans
usinage ultérieur ou avec une reprise d'usinage limitée.
- La précision dimensionnelle est sensiblement identique à celle
de la coulée sous pression.
- Les défauts typiques des pièces moulées, comme la porosité,
sont pratiquement supprimés ce qui entraîne, pour le même alliage,
des propriétés mécaniques supérieures à celles de la coulée sous
pression.
- L'usure des moules est plus limitée qu'en moulage traditionnel
(ordre de 250 000 injections contre 150 000 en coulée sous
pression).
Inconvénients
- Le coût actuel du procédé est supérieur à celui de la coulée
sous pression.
- Ne se justifie que pour des grandes séries type automobile.
Alliages utilisés
Les alliages, qui ont fait l'objet d'études et d'applications en
thixomoulage, sont principalement l'aluminium de fonderie et le
magnésium.
Pièces réalisées
Les pièces actuellement réalisées concernent principalement
l'automobile : rampes d'injection de carburant, cylindres de
suspension hydraulique, distributeurs hydrauliques, supports
moteurs; l'aérospatiale, les nœuds de structure (cadres de vélo...),
ainsi que les composants électroniques et de communication.
Notons aussi la technologie de prototypage rapide qui se fait par
apport itératif de matière (soit point par point, soit couche par
couche), alors que dans le cas des techniques d'usinage usuelles, on
procède par enlèvement de matière (voir l'article sur le prototypage
rapide à l'adresse suivante :
http://www.icriq.com/fr/productique_tfp/techniques_prototypage_2007-02-27.html).
Sondage
Les résultats d'un sondage
1 effectué
auprès des entreprises québécoises oeuvrant dans le domaine de
l'usinage peuvent être résumés ainsi :
Sur un horizon de 5 ans, le climat de confiance des acteurs du
domaine de l'usinage s'avère positif, puisque plus de 91 % d'entre
eux estiment que les perspectives de développement du secteur sont
de « moyennement bonnes » à « excellentes ».

La taille moyenne des ateliers d'usinage québécois est de 30 employés. La majorité d'entre eux, soit 80 %, vivent d'abord de
sous-traitance, desservant des clientèles situées dans leur
environnement immédiat. Moins de 40 % des entreprises concentrent
leurs activités sur des produits maison. Le marché principal est
régional pour plus de 82 % des répondants. Il s'agit d'un marché de
proximité où les relations directes avec la clientèle, la rapidité
et la qualité du service constituent la base d'affaires des
entreprises. Certains souhaitent même offrir des services mobiles
pour la réparation de pièces. L'enquête fait valoir la part
prépondérante des industries des pâtes et papiers et de la forêt,
des secteurs à fort caractère régional, mais qui connaissent des
moments plus difficiles.
L'industrie de l'usinage, qui entretient un lien de dépendance
envers le secteur manufacturier en général, subit les contrecoups
des difficultés des secteurs mentionnés ci-dessus et de la forte
concurrence des productions manufacturières asiatiques. Ces derniers
offrent des produits à bas coûts, pour des productions à grands
volumes, en raison d'une abondante main-d'œuvre à bon marché.
Confiants toutefois de la valeur de leur prestation et de la qualité
de leurs produits et des services offerts, la majorité des
répondants estiment se positionner favorablement face à la
concurrence américaine ou canadienne. Qualité pour qualité, cette
concurrence est soumise à des exigences réglementaires et
environnementales semblables aux leurs et ne bénéficie pas d'un
avantage marqué sur le prix, comparativement à la Chine et aux
autres pays asiatiques. Pour faire face à la concurrence des prix,
près de 70 % des répondants ont choisi, pour les 3 à 5 années à
venir, de s'orienter vers la production de pièces plus complexes.
D'autre part, environ 30 % souhaitent continuer de lutter contre la
production à grand volume et à bas prix, en misant sur la qualité et
la proximité.
Afin de produire des pièces plus complexes et d'augmenter la
cadence sans majorer les coûts, les entreprises font l'acquisition
d'équipements numériques qui représentent une partie de la solution.
Sans remplacer totalement le travail plus conventionnel, qui demeure
encore utilisé dans 90 % des ateliers, l'usinage automatisé occupe
toutefois une place croissante. Selon leur perception, même s'ils
ont l'impression que les techniques d'usinage conventionnelles se
perdent avec l'automatisation, cette dernière ne peut remplacer
totalement la connaissance polyvalente du métier et l'expertise
qu'apporte avec les années, le fait d'avoir mis la main à la pâte.
De plus, certains préfèrent miser sur l'expertise et la capacité de
livrer des produits uniques ou sur mesure, plutôt que de cibler
uniquement une fabrication totalement automatisée et accessible à
toute entreprise capable d'y mettre le prix, un domaine qui
deviendra bientôt très compétitif.
Les problèmes de main-d'œuvre figurent parmi les préoccupations
exprimées. Malgré la présence croissante des outils automatisés, les
méthodes de travail traditionnelles occupent toujours une large
place dans les ateliers d'usinage. La relève, plus jeune, est
attirée par les outils numériques, largement présents dans les
programmes de formation. On semble moins motivé à « se salir les
mains » et à maîtriser les techniques plus traditionnelles,
auxquelles les plus anciens associent la « connaissance du métier ».
La disponibilité de stages semble nécessaire pour assurer une
formation adaptée aux besoins. Les stages exigent toutefois beaucoup
de temps de la part des entreprises, et plusieurs jeunes, une fois
formés, trouvent rapidement de l'emploi mieux payé ailleurs. La
difficulté de recrutement apparaît une constante dans la plupart des
commentaires, une difficulté que l'on attribue à plusieurs facteurs,
allant du manque d'information sur le métier, jusqu'à la concurrence
des salaires plus élevés dans d'autres secteurs industriels. On note
donc un besoin d'assurer la relève d'une main-d'œuvre spécialisée.
C'est un des aspects sur lesquels travaillent divers comités
sectoriels de main-d'œuvre, dont le mandat est de contribuer à
apporter des solutions adaptées de formation pour les besoins
particuliers de l'industrie.
La rénovation du parc d'équipements et le passage graduel vers
des équipements numériques sont devenus des objectifs
incontournables. À cet égard, bien que plusieurs entreprises aient
eu et ont recours à des aides financières pour moderniser les
équipements et les installations, les programmes d'aide existants
semblent mal connus ou perçus comme trop complexes.
1
http://www.mdeie.gouv.qc.ca/fileadmin/sites/internet/documents/publications/pdf/Entreprises/secteurs_industriels/profils_industriels/ProfilUsinage.pdf
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