Innovations technologiques - TFP
 
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Introduction au soudage par friction-malaxage

Luc Vanden-Abeele, ing.
CRIQ
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Le soudage par friction-malaxage (traduction libre du terme anglais friction stir welding) fut inventé et breveté en 1991 par un centre de recherche nommé TWI localisé à Cambridge, au Royaume-Uni.

 Le soudage par friction est connu et utilisé depuis les années 1950. L’application la plus courante est le soudage de tiges rondes. Une des tiges est fixe alors que l’autre est en rotation et frotte avec une certaine force sur la première. Après un certain temps, assez de chaleur est générée pour rendre le métal mou, voire pâteux, sans le rendre liquide. On peut alors mettre plus de force sur la tige en rotation pour la joindre à l’autre. Il suffit d’enlever la bavure et on obtient un joint solide entre les deux tiges.

 Le soudage par friction-malaxage (SFM) utilise le même principe pour joindre des plaques bout à bout ou avec chevauchement. L’outil utilisé est de forme cylindrique (profiled pin)avec un épaulement (tool shoulder). Le tout est mis en rotation à une vitesse de quelques centaines de tours par minute. Alors que l’outil approche les plaques, la rotation génère assez de chaleur pour ramollir le métal, sans jamais le rendre liquide, afin de permettre à l’outil de pénétrer dans les plaques. Une fois l’épaulement bien appuyé, assez de chaleur est générée pour permettre à l’outil de suivre une trajectoire de translation en suivant le joint entre les deux plaques et ainsi les souder. Les plaques doivent être solidement fixées car une grande force est requise pour faire entrer l’outil dans le métal.

 Les avantages de cette approche sont nombreux par rapport à la soudure conventionnelle à l’arc. La chaleur requise pour le SFM étant moindre, il y a moins de distorsion des matériaux et la zone affectée thermiquement, qui est souvent le maillon faible d’un joint soudé, est beaucoup plus petite, résultant de meilleures propriétés mécaniques. Le procédé ne génère pas de fumée ni d’étincelles. Aucune porosité n’est générée quand les vitesses de rotation et d’avance sont bien déterminées. Étant donné que le joint se fait en phase solide, il est possible de faire ces soudures dans toutes les positions (à la verticale, à l’envers).

 Sur le plan économique, l’énergie requise est moindre que la soudure à l’arc. L’outil à une faible usure et est donc utilisé pour plusieurs soudures. Il n’y a donc pas de produits consommables comme les fils d’apport et les gaz.  Finalement, peu ou pas d’étapes de finition sont requises (brossage, sablage et nettoyage) une fois la soudure complétée.

 Actuellement, les applications industrielles sont principalement pour des produits en aluminium. Cette technologie est utilisée pour joindre des plaques ou des extrusions pour la fabrication de bateaux, de wagons de trains, de pièces d’avions et de sections de fusées. Les épaisseurs d’aluminium qui peuvent être soudées avec une seule passe vont de 1 à 50 mm.  Il y a une application avec du cuivre et des essais de laboratoire ont été faits pour le bois. Les thermoplastiques peuvent également être soudés de cette façon, mais il semble que les techniques déjà connues sont plus performantes. TWI travaille actuellement à développer le procédé pour d’autres matériaux (acier au carbone, acier inoxydable, titane, etc.).

 Au Québec, aucune entreprise n’utilise cette technologie en production. Deux laboratoires du CNRC (à Montréal et à Saguenay) ont fait l’achat d’un équipement de laboratoire pour étudier le procédé et déterminer les paramètres pour différentes applications. Le CRIQ négocie actuellement avec TWI pour obtenir une licence lui permettant de développer des équipements utilisant ce procédé afin de permettre aux entreprises manufacturières du Québec d’utiliser cette technologie.  Le CRIQ serait ainsi la première organisation au Canada avec ce type de licence. Le CRIQ veut développer la technologie afin de permettre la robotisation et prévoit intégrer des technologies de vision artificielle pour guider le robot et effectuer un contrôle de la soudure en temps réel.

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