Nature et origine
des déchets

La filière bois produit des déchets à base de bois à chacune des
étapes de transformation. Les déchets et produits connexes de la
filière bois regroupent :
- Les résidus de l'exploitation forestière : souches, houppiers,
branchages, cimes, etc.
- Les produits de première transformation du bois provenant des
scieries, papeteries, et qui sont composés d'écorces, de sciures,
de copeaux, etc.
- Les déchets issus de la seconde transformation (meubles,
armoires et vanités, parquets, fabrication de palettes, de
charpentes,...) composés de copeaux, de chutes, de sciures, de
morceaux de panneaux, de poussières de sablage...
- Les produits usagés et les emballages : caisses, palettes,
cageots, bois d'ameublement ou de démolition...
Par ailleurs, la finition et le collage des produits en bois sont
souvent à l'origine d'émissions de composés organiques volatils (COV).
Finalement, la percolation des eaux de pluie et le ruissellement
qui s'effectuent à travers les piles de résidus de bois (écorces,
sciures, copeaux, etc.) libèrent des produits chimiques naturels
issus de ces mêmes résidus qu'on appelle des lixiviats et qui
peuvent avoir des impacts négatifs sur l'environnement.
Valorisations
Valorisation matière
Les résidus de l'exploitation forestière sont pour l'essentiel
rendus au sol. Les produits connexes de la filière bois peuvent
suivre plusieurs types de valorisation matière : la fabrication de
pâte à papier, la fabrication de panneaux (agglomérés) ou de
produits composites, de produits en bois moulé, le réemploi
(réparation de palettes), le compostage, les litières animales, le
charbon de bois, le paillage, les paillis horticoles, le
conditionnement et le nettoyage des sols, le fumage des viandes et
poissons, le dégraissage des pièces métalliques, etc. Des projets de
recherche sont en cours pour étudier d'autres valorisations matières
(biocarburants, aliments pour bétail, extraction de composés
chimiques, liquéfaction...).
Valorisation énergétique
La combustion du bois permet la récupération de chaleur ou
d'électricité. Elle peut se faire à l'état de déchets bruts ou sous
forme de produits préparés : granulés, briquettes, bûches
reconstituées et bois déchiqueté. Cette valorisation est utilisée
par le chauffage au bois individuel ou collectif (écorces et
sciures) ou par l'incinération. Seuls les déchets et sous-produits
de bois non souillés peuvent être utilisés pour la valorisation
énergétique dans des chaufferies à bois. Les déchets ou
sous-produits de bois peuvent être valorisés énergiquement au sein
même de l’entreprise qui les produit. Les économies réalisées
peuvent amortir l’achat d’une chaudière à bois (qui peut être
combinée à un autre mode de chauffage).
Valorisation agricole
Par ailleurs, le projet «Bois Valor» (contact
: Marie Morard, Bois Valor/Incubateur Midi-Pyrénées,
29 rue Jeanne Marvig - 31400 Toulouse, tél. : 05 34 31 94 24, téléc.
: 05 34 31 68 16, courriel :
marie.morard@free.fr)
propose de fabriquer un nouveau produit fertilisant destiné à
l’agriculture et au jardinage d’amateurs : les Substances Humiques
Biomimétiques ou «SHB». L’innovation réside dans la valorisation des
déchets de la filière bois pour fabriquer un engrais respectueux de
l’environnement et non polluant. Les SHB sont considérées comme un
nouveau fertilisant. Elles peuvent être utilisées par les
particuliers (jardiniers amateurs) ou les professionnels
(agriculteurs). Les substances humiques jouent un rôle important en
agronomie et en environnement : elles améliorent la structure du sol
et elles contribuent à leur fertilité. Les SHB peuvent avoir
plusieurs types d’effets sur les végétaux :
- augmenter la croissance des plantes (maïs…),
- favoriser la mise à fleur (géraniums, bégonias…),
- diminuer la consommation d’eau (pelouse
ou ray-grass….),
- faciliter l’absorption d’éléments minéraux.
Traitements
Techniques de traitement des déchets de bois traité
Seuls les déchets ou sous-produits du bois traités ou souillés par
des substances dangereuses (et à ce titre considérés comme des
déchets dangereux) sont traités ou incinérés selon les filières
d’élimination des déchets dangereux.
Le procédé PGI (Société ANCOR) permet le traitement des bois
imprégnés de substances fongicides (cuivre, chrome, arsenic) et
organiques (créosote).
Le procédé Chartherm (Société Thermya) concerne les déchets de bois
quel que soit leur traitement. Cette société a ouvert une unité
pilote à Saint Médard d’Eyrans en Gironde (www.chartherm.com).
Le procédé comprend trois étapes : le broyage, la charthérisation
(traitement thermique spécifique) et la séparation. Il permet
d’assurer en trois étapes le recyclage le plus complet possible de
tous les déchets de bois souillés exclus de la catégorie biomasse.
Gestion, maîtrise et technologies de traitement des émissions
de composés organiques volatils (COV)
Le Centre technique du bois et de l'ameublement (CTBA) avec le
concours de :
-
l'Union nationale des industries françaises de l'ameublement (UNIFA);
-
la Fédération des industries des peintures, encres, couleurs,
colles et adhésifs (FIPEC);
-
les Fournisseurs de produits et d'équipements de collage et de
finition.
a rédigé un impressionnant guide de 116 pages (avec annexes)
portant sur la réglementation, le schéma de maîtrise des émissions
(SME), le plan de gestion des solvants (PSG), l'installation de
référence, l'installation cible, les meilleures technologies
disponibles, la mesure et l'estimation des flux rejetés,
relativement aux émissions de COV dans l'industrie française du
meuble. Ce guide a été validé par le comité de lecture du 13 février
2004, composé de représentants du ministère de l'Écologie et du
Développement durable, de l'ADEME, de l'Inspection des installations
classées et des organisations professionnelles. Pour plus
d'information sur ce guide, on peut visiter le site Internet suivant
:
http://www.ademe.fr/entreprises/polluants/polluants/docs/cov/SME_Ameublement.pdf
Gestion, maîtrise et traitement des lixiviats provenant de
piles de résidus de bois (fibres ou écorces)
La percolation de l'eau de pluie à travers les piles de résidus
de bois libère des produits chimiques naturels qui proviennent
de ces mêmes résidus et qui ont des impacts négatifs sur
l'environnement.
Ces lixiviats sont caractérisés par une demande élevée en
oxygène, la présence de tannins, de lignine, d'acide tannique,
d'acides gras volatils, de nutriments et le pH se situe généralement
entre 3,4 et 3,7. Ils sont très toxiques pour toute vie aquatique.
La construction d'un marais peut améliorer la performance d'un
système de traitement de tels lixiviats.
Le traitement biologique séquentiel aérobique/anaérobique d'un
lixiviat d'écorces généré par les opérations d'une scierie s'est
avéré efficace.
Une revue de la documentation a été effectuée en décembre 2005,
par des gens du «National Council for Air and Stream Improvement
Inc., Southern Regional Center», à Gainesville en Floride (NCASI
Technical Bulletin no. 911, December 2005) et celle-ci porte
sur la caractérisation, la toxicologie, de même que les différentes
options possibles pour le traitement et la gestion des lixiviats et
eaux de ruissellement provenant des piles de résidus de bois. Dans
ce même ouvrage, il est question des meilleures pratiques de gestion
des cours à bois, des aires de tri et des scieries. Il s'agit d'un
excellent document qui résume bien les différentes options qui
existent en matière de traitement et de gestion des lixiviats et
eaux de ruissellement.
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